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English Version

Der Globusfreund 49/50 (2001/2002)

Summaries / Resumés

 

Looking at the Earth from Outer Space: Ancient Views on the Power of Globes

Christian Jacob

Summary
In the so-called "Mosaic of the Philosophers" (first century A.D.), discovered at Torre Annunziata (Pompeii) and now at the National Archeological Museum in Naples, a group of scholars is absorbed in the contemplation of a sphere incised with parallel lines. This scene is the departure point for a reflection on the intellectual and spiritual context of cartography in the Hellenistic world and the Roman Empire. Celestial and terrestrial spheres appear to have been used in the schools of philosophy, as aids to meditation and at times for spiritual training, during which one attempted to free the mind from the body. The mind could then rise above the world of the senses and attain the level of the intelligible world. Then, the human mind could grasp a view of the terrestrial globe in its totality, and eventually verify the accuracy of the drawings of the map-makers. This particular moment in the history of cartography and of globe production leads us to a more general consideration of the specific intellectual influences connected with our own view of the terrestrial sphere. What does it mean to view the world from the outside? How does the globe lead the observer to an examination of his or her self and surroundings? Associated with the dream of universal domination, the globe also leads to a profound humility - our known world is but a dot in the universe.

Resumé
La "Mosaïque des Philosophes" (1er siècle après J.-C.) découverte à Torre Annunziata (Pompéi) et conservée au Musée national de Naples, présente un groupe de personnages en discussion, absorbés dans la contemplation d'une sphère sillonnée de lignes parallèles. Ce document sera le point de départ d'une réflexion sur le contexte intellectuel et spirituel de la cartographie dans le monde hellénistique et sous l'Empire romain : les sphères célestes et terrestres semblent avoir été utilisées dans les écoles philosophiques, comme support matériel d'une méditation métaphysique et parfois de pratiques spirituelles, où l'on cherchait à atteindre la dissociation de l'esprit et du corps. L'esprit pouvait s'élever au-dessus du monde sensible et parvenir au monde intelligible : là s'offrait au "regard de l'âme" la totalité du globe terrestre, conduisant à une relativisation générale des valeurs humaines. La présentation de ce moment particulier de l'histoire de la cartographie et de la fabrication des globes nous conduira à une réflexion plus générale sur les effets intellectuels particuliers liés au regard que nous portons sur une sphère terrestre. Qu'est-ce que voir le monde de l'extérieur ? Comment le globe conduit-il l'observateur à s'interroger sur lui-même et sur son lieu propre ? Associé au rêve de domination universelle, le globe est aussi ce qui conduit à une humilité extrême : le monde des hommes n'est qu'un point minuscule dans l'univers.

 

The Doctrine of the Sphere: A Forgotten Chapter in the History of Globes

Elly Dekker

Summary
The relationship between the terrestrial and celestial spheres as it was seen around 1500 can be understood only within the framework of the accepted ideas about the structure of the universe in which the doctrine of the sphere was a major influence. As an illustration I discuss the emphasis in the Renaissance on teaching astronomical methods for finding the latitude and longitude of places and the motives of geographers to relate the heavens and Earth. I subsequently show how as a consequence the doctrine of the sphere found expression in the design of Gemma Frisius's cosmographic globe which is best seen as an amalgamation of a terrestrial sphere, an armillary sphere and a celestial globe. It is this rather twisted model of the universe - as I demonstrate - which ultimately developed into the matching pair of terrestrial and celestial globes.

Resumé
Si l'on veut bien saisir la relation existant entre les sphères terrestres et célestes dans les années 1500, il faut étudier la conception de la structure de l'univers, au sein de laquelle le dogme de la sphère joua un rôle prépondérant. Afin d'illustrer ce propos, nous discuterons d'abord de l'accent mis sur l'enseignement de l'astronomie durant la Renaissance afin de déterminer la latitude et la longitude et, ensuite, de la raison principale des géographes de vouloir conjuguer la Terre et le Cosmos. En conséquence, le dogme de la sphère fut reformulé à travers le globe dit " cosmographique " de Gemma Frisius, qui regroupait une sphère terrestre, une sphère armillaire et un globe céleste. C'est cette conception assez singulière de l'univers qui a conduit finalement à la relation duale entre le globe terrestre et le globe céleste.

 

Globe Production in the Low Countries and Its Impact in Europe, 1525-1650

Peter van der Krogt

Summary
The position and influence of Dutch globe makers in the sixteenth and seventeenth centuries is best understood in the context of European globe production and use before the sixteenth century. The founders of Dutch globe production in the early 1500s are discussed in detail, especially Gemma Frisius (Louvain) and Gerard Mercator (Louvain, Duisburg). At the end of the sixteenth century, globe production shifted to Amsterdam, where early in the seventeenth century, Jodocus Hondius and Willem Jansz. Blaeu were the major producers. Their purpose at first was to make instruments with a solid scientific basis, useful for navigation, but in the second decade of the seventeenth century, the competition between them led to the construction of ever larger globes which appealed to buyers for various reasons other than scientific. Although initially Dutch globes were imitated and copied elsewhere almost unchanged, and globe literature was translated into other languages and used extensively, the main impact of the Dutch production was that this changed the role of the globe from an instrument for scholars into a commercial product. Because a general appreciation of globes and the knowledge of geography and astronomy they conveyed was greatly expanded, the market was thereby prepared for the works of other publishers.

Resumé
Il est nécessaire d'effectuer un survol européen de la production et de l'utilisation des globes avant le XVIe siècle afin de mieux comprendre la situation et l'influence des fabricants de globes hollandais aux cours des XVIe et XVIIe siècles suivants. Les précurseurs de la production hollandaise au début des années 1500 seront présentés en détail, notamment Gemma Frisius (Louvain) et Gerard Mercator (Louvain, Duisbourg). À la fin du XVIe siècle, Amsterdam devient le principal centre de fabrication des globes grâce à la production prolifique de Jodocus Hondius et de Willem Jansz. Blaeu. Initialement, ces derniers visaient la fabrication d'instruments rigoureux au sens scientifique cependant qu'utiles à la navigation. Toutefois, une compétition redoublée au cours de la deuxième décennie du XVIIe siècle les conduisit à adopter une approche plus mercantile et créer ainsi des globes de plus grande envergure. Bien que les globes hollandais aient été imités et copiés tels quels de par le monde, et que la littérature sur les globes ait été traduite en d'autres langues et largement diffusée, il reste que l'influence de la production hollandaise se situe au niveau du changement de statut des globes d'objets d'études en produits de consommation luxueux. L'appréciation des globes et les connaissances qu'ils aidaient à répandre en géographie et en astronomie furent grandement amplifiées et, de fait, préparèrent le marché à l'apport de nouveaux éditeurs.

 

Innovations in the Making of Celestial Globes

Elly Dekker

Summary
The last century has left us a rich legacy of important studies on globes and their makers. As well, our understanding of the role of celestial cartography in globe making - and, conversely, the impact of globe making on celestial mapping - has grown considerably. In this interactive process, first tradition, then new knowledge prevailed. This is illustrated by a brief review of the development of globes from antiquity to 1500. Then the initiatives of globe makers during the Renaissance are examined, a time when new constellations were added to those inherited from the classical world, first by reshaping the traditional knowledge of the starry sky and subsequently by newly mapped stars. Finally, I discuss why astronomers in the nineteenth century began to reject the constellation figures in celestial mapping and show how their use on globes slowly came to an end.

Resumé
Le dernier siècle a vu paraître d'importantes études sur les globes et leurs fabricants. De même, notre compréhension du rôle de la cartographie céleste lors de la fabrication des globes - et, inversement, l'influence de la fabrication des globes sur la cartographie céleste - a grandement évolué. Dans ce processus interactif, la tradition a initialement prévalu, bientôt remplacée par la connaissance. Un bref survol de la fabrication des globes depuis l'Antiquité jusqu'au XVIe siècle servira à illustrer cette évolution des pratiques. On abordera ensuite les initiatives des fabricants de globes de la Renaissance, période durant laquelle de nouvelles constellations furent ajoutées à celles héritées du monde classique - la restructuration du savoir antique associé au ciel étoilé fut complétée par l'ajout des nouvelles étoiles cartographiées. Enfin, nous analyserons les raisons pour lesquelles les astronomes du XIXe siècle ont graduellement rejeté et fait disparaître de la surface des globes célestes les représentations allégoriques des constellations.

 

The Globe as Symbol in Emblem Books in the West, Sixteenth and Seventeenth Centuries

Catherine Hofmann

Summary
The image of the globe in its different forms (terrestrial or celestial globes, armillary spheres, etc.) is present not only in all graphic arts of the Western world but also with several meanings. The emblem books published throughout Europe during the sixteenth and seventeenth centuries have made extensive use of these images and reveal contradictory symbolism through diverse expressions of the "the world as a ball": a perfect geometric figure, the sphere is on the one hand the image of harmony and completeness and evokes the perfection of the universe, the power of the mighty or the knowledge of the learned; a ball that revolves, on the other hand, embodies an unstable, ephemeral Creation, and suggests the vanity of worldly things.

Resumé
Sous ses multiples formes (globe terrestre ou céleste, sphères armillaires, sphères crucifères, etc.), l'image du globe est très présente dans les arts graphiques en Occident et marquée d'une extrême polysémie. Publiés à travers toute l'Europe aux XVIe et XVIIe siècles, les livres d'emblèmes en ont fait un large usage et l'analyse des diverses occurrences de la "boule du monde" permet de cerner toute l'ambivalence de ce symbole: figure géométrique la plus parfaite, la sphère est une image de plénitude et d'harmonie, qui sert à évoquer la perfection de l'univers, le pouvoir des puissants ou le savoir des doctes; boule qui tourne, elle incarne une Création instable et éphémère et suggère les revirements de la fortune comme la vanité de toutes choses ici-bas.

 

Power and Politics: The Use of the Globe in Renaissance Portraiture

Kristen Lippincott

Summary
Globes appear in works of art from antiquity onwards. In most instances, they are used for a specific iconographic purpose - to help in the identification of the figure they accompany. This figure may be an allegorical representation of an abstract concept or the personification of one of the arts or sciences. In portraiture, the globe is used as an attribute to help amplify our understanding of the public persona of the sitter. In this paper, we will explore the ways in which globes are used in Renaissance portraiture as symbols or wealth, power and - in more than one instance - imperial ambitions. Particular attention is paid to the use of the globes, maps and armillary spheres in the personal iconography of Charles V and in the portraiture of Elizabeth I of England and her court.

Resumé
Les globes sont, depuis l'Antiquité, représentés dans une variété d'œuvres d'art. La plupart du temps, on les utilise dans un but iconographique bien particulier, notamment afin de faciliter l'identification du personnage qu'ils accompagnent. Ce personnage peut être une représentation allégorique d'un concept abstrait ou encore la personnification d'un art ou d'une science. En ce qui concerne l'art du portrait, le globe sert d'attribut matériel pouvant agir comme moyen d'élargir notre connaissance du personnage public portraituré. La présente contribution explorera les différentes façons employées par les portraitistes renaissants pour représenter les globes comme symboles de richesse, de pouvoir et, dans plus d'un cas, d'ambitions impériales. On portera une attention particulière à l'utilisation des globes, cartes et sphères armillaires associée à l'iconographie de Charles V de même qu'aux portraits d'Élisabeth I d'Angleterre et de sa suite.

 

More than Just Spheres: A Curator's Vision for a New Globe Museum in Vienna

Jan Mokre

Summary
The Globe Museum at the Austrian National Library, established almost a half century ago, is considered the only one of its kind in the world. Until now, it has presented itself principally as a globe collection. With the acquisition of a new building for the library, with a floor dedicated to an enlarged globe museum, it is possible to apply new concepts to the organization of the museum and the display of the globes, with a greater emphasis on communicating with the visitor. The history and present situation of the globe museum will be described, but the talk will focus on the changes being considered. These include dividing the collection into two parts: one for research, the other to be in a permanently visible exhibition area, arranged according to the concepts and demands of museology. Considering the globe from several thematic points of view, a comprehensive interpretation and presentation of the globe as an object will be attempted, including technical aspects (cartography, production, use, etc.) as well as aspects of cultural history (the globe as a symbol, as a collector's item, along with aspects of perception). Museum visitors should learn not only about the appearance but also about the meaning of globes - at times evident, at times hidden.

Resumé
La Bibliothèque nationale d'Autriche, fondée il y a près d'un demi-siècle, abrite un Musée des globes considéré comme unique au monde. Jusqu'à présent, ce musée consistait plus précisément en une collection de globes. Toutefois, l'acquisition d'un nouveau bâtiment pour la Bibliothèque permettra de redéployer cette collection sur un étage entier, de proposer de nouveaux concepts dans l'organisation du musée et de la mise en espace des globes et, enfin, d'insister davantage sur les éléments didactiques. Bien que l'historique et la situation actuelle du Musée des globes soient abordés, nous nous attarderons plus particulièrement aux changements à apporter. Par exemple, nous analyserons la suggestion de scinder la collection en deux parties en réservant l'une pour l'étude et l'autre pour l'exposition permanente. En considérant ces objets de différents points de vue thématiques, nous tenterons d'en dégager une interprétation sensible qui comprendra aussi bien les aspects techniques (cartographie, techniques de production, etc.) que culturels (le globe comme symbole, comme objet de collection et comme objet de perception). De ces analyses et choix de présentation, il en découlera une meilleure compréhension des visiteurs quant au rôle des globes et de leur symbolique.

 

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